Les hiboux rejettent leurs pelotes. En les analysant, on peut y déceler des poils de petits rongeurs, des plumes de petits oiseaux, des os et même des crânes de ces différentes proies, bref des restes de festins inavouables. Décomposés et mis bout à bout, ces résidus permettent surtout de reconstituer la biographie du rapace nocturne qui fascine tant ces insomniaques en mal de rêves auquel s’identifie l’auteur. Or les textes que voici s'apparentent à de telles pelotes : il s'agit en effet d'écrits éphémères, que l’auteur a baptisés tour à tour épreuves (Les tours d’horizon), péchés de jeunesse (La dérive des sentiments), poèmes d’amour (Marie Solitude) et questions sans réponse (Après nous les enfants). A la relecture, ces textes ont renvoyé́ à l’auteur une telle image de lui-même, qu’il a fini par y tenir comme à la prunelle de ses yeux.